Seesmic lève encore 6 millions de $ : une bonne question pour les assises du numérique
Par Olivier Martineau le lundi 23 juin 2008 - entreprendre - Lien permanent
Est-ce qu'il est possible de trouver 12 millions de dollars pour financer sa startup en France ? Franchement, je ne pense pas.
Loïc Le Meur a annoncé fin de semaine dernière qu'il venait de lever 6 autres millions de dollars. Sa startup, Seesmic, est donc maintenant financé pour 12 millions. Pour ressituer le contexte, Seesmic a tout juste un an. On ne peut qu'être admiratifs (voire envieux). Je pense qu'en France, une startup "sérieuse" avec un bon projet et un réseau de contacts bien développé aurai pu lever entre 500 000 € et 1 000 000 €, grand maximum.
Alors évidement cela confirme ce que Loïc disait quand il est parti pour lancer sa startup : "C'est là bas qu'il faut être".
Si on grate un peu, comment est-ce possible : quelques sont les facteurs qui on permis cela ?
- 50 %, l'écosystème de la sillicon valley : des compétences, des business angels,
- 50 %, le réseau : clairement Loïc Le Meur est le Français qui posséde le plus important et le meilleur réseau dans les nouvelles technologies.
Alors au final, est-ce que l'on a une chance en France de voir se développer une grande entreprise du web ?
La question reste ouverte. En tout cas, dans le cadre des Assises du Numérique, nous allons essayer de créer un environnement favorable...



Commentaires
Netvibes de mémoire avait levé un montant quasi identique je crois (12 millions d'euros). Cependant je pense que Loic a très bien fait de s'installer directement à San Francisco tout simplement car c'est là où cela se passe. Créer un Facebook, Google, Yahoo, Paypal, Skype depuis la France reste terriblement compliqué, cela est du en partie à la taille du marché et aux barrières linguistiques, mais aussi à la culture peu favorable à ce genre d'initiatives.
Je ne suis pas convaincu pour ma part que les Assises Numériques changent quoi que ce soit à ce "verrou" culturel, au peu de financement en early stage et aux diverses formalités que nous aimons tant en France, mais qui existent tout de même à SFO (lire l'ouvre boite pour plus d'infos et Olivier Ezratty pour des shémas...)..
/Olivier
Olivier, tu raison. Netvibes a aussi levé 12 millions au bout d'un an. Mais a ce moment là, ils avaient déjà 5 millions d'utilisateurs
Concernant les assises, on peut évidement douter. La France ne sera jamais la sillicon valley. Mais dans tous les cas, on a une marge d'amélioration.
> Alors au final, est-ce que l'on a une chance en France de voir se développer une grande entreprise du web ?
Il suffit de voir si on a besoin de financement important (levée de fond) ou non (croissance organique) pour payer ses charges.
Cela dépend du business model et des charges fixes...
Comme les Google, les Facebook et autres sites du genre se créent, tout est gratuit et réfléchissent à leur business model après.
Forcément l'argent rentre que bien plus tard et il faut bien payer les employés : donc il faut lever des fonds pour tenir.
Je pense qu'en France on peut largement y arriver. Soit on arrive à se contenter d'une croissance organique (et plus lente) soit il va falloir motiver des BA et autres "tourneurs de table"