Lu dans le Figaro du jour : «L'Hadopi échouera parce qu'elle créera des injustices, qu'elle sera contournée de cinquante façons, qu'elle coûtera une fortune au contribuable, et qu'elle ne changera rien à la crise du disque. Cette loi va en outre déconnecter le gouvernement et les députés de la jeunesse»,  Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Qua­drature du Net

Ces 2 phrases résument très bien le problème, sans être révolutionnaire. Rentrons un peu dans le détail.

Hadopi va créer des injustices : des gens vont se trouver coupés d'internet parce que leur voisin utilisera leur WiFi pour télécharger. C'est très facile de récupérer un clé WEP, or la moitié des réseaux WiFi sont sécurisés avec ce système.

Hadopi sera contournée de cinquante façons : les mesures de surveillance sont déjà obsolètes. Toute la loi est basée sur l'adresse IP de votre ordinateur, mais il existe de nombreux moyens de cacher cette adresse. Je pari même que des logiciels se targueront d'avoir un système "anti-hadopi" avant le décret d'application de la loi.

Hadopi coûtera une fortune au contribuable : surveiller tous les internautes de France est un travail de Titan, il faudra une quantité importante de serveurs. De plus les fournisseurs d'accès ne sont pas d'accord pour prendre en charge cette dépense, ce qui est assez logique : nous avons l'accès internet le moins cher d'Europe !

Hadopi ne changera rien à la crise du disque : l'industrie du disque se voile la face en mettant tout sur le dos du piratage. Leur principal problème est qu'ils n'ont pas réagis au changement technologique. Les jeunes n'écoutent plus de disque, mais écoutent leur lecteur MP3. A part Apple, aucun n'a vraiment proposé une solution pour répondre à cette évolution du marché. Est-ce que vous savez que les Beatles ne sont toujours pas disponibles en téléchargement légal ? Il faut aussi noter l'évolution de la consommation de la culture : on se tourne de plus en plus vers du "vivant" : les concerts, spectacles, festivals et même les salles de cinéma ne se sont jamais aussi bien portées.

Hadopi va en outre déconnecter le gouvernement et les députés de la jeunesse : c'est évident, le téléchargement sans limite est maintenant un pratique ancrée dans les moeurs. Et entre jeux vidéo, téléphone portable et cigarettes, le budget des ados ne peut plus intégrer de musique payante, en tout cas certainement pas à la mesure de ce qu'attend l'industrie culturelle.

Cette loi est vraiment donc un grand n'importe quoi. Le gouvernement est partial et fait une loi totalement déséquilibrée pour faire plaisir à l'industrie du disque...

Mise à jour (30 mars) : il existe même une assurance contre la coupure de connexion Internet HADOPI : Wisafe. Quand je vous dis que cette loi est déjà dépassée.