Article Image
read

Une vieille histoire.

L'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est un sujet qui revient régulièrement dans les médias, avec les Parisiens qui sont partis à la campagne pour ouvrir un gite et autres salariés en burn-out...

De quand date cette idée ?

La notion de vie professionnelle n'avait pas de sens avant le salariat. Il n'y a pas si longtemps que ça ? 200 ans ? À l'échelle de l'humanité, rien, même pas 0,1% : l'homme existe depuis plus 200 000 ans.

La séparation de la vie professionnelle et de la vie personnelle s'est probablement construite avec la révolution industrielle (et la lutte de classe). Cette opposition entre les "deux vies" a créé un système qui allait bien aux deux parties (patrons et syndicats) :

  • Tu peux travailler dur et de façon inintéressante puisque tu as tes soirées et des weekends... (Et grands princes, on te donne en plus des CONGÉS PAYÉS),

  • Et de l'autre côté, le développement d'une illusion de liberté pendant les moments de vie personnelle. (En fait, totalement limité par l'argent gagné, le milieu culturel, etc.)

Tous schizophrènes ?

Qui, une fois rentré à la maison, déconnecte totalement des soucis rencontrés au travail ? Évidemment, les bons moments au travail posent moins de problèmes à la maison.

La vie professionnelle et la vie personnelle sont évidemment totalement liées : si votre boulot vous déprime, vous n'allez pas avoir de weekends heureux. L'inverse est aussi juste d'ailleurs : des problèmes de couple interféreront négativement avec le travail.

Une question biaisée ?

Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ? Cette question présuppose une opposition.

Le travail ne pourait-il pas être une composante intéressante de la vie ?

Dans la notion de travail, il y a un élément perturbant : l'argent. L'argent est évidemment nécessaire, en plus ou moins grande quantité d'ailleurs. Pour nourrir notre réflexion, sortons cette notion du travail, qui du coup peut être renommé en "activité" par exemple.

Vivre pour avoir une activité, ou avoir une activité pour vivre ? L'opposition apparait plus clairement comme incongrue...

Quelle activité dans la vie ?

Quel travail non payé, quelle activité feriez-vous gratuitement ? Le premier réflexe est évidemment de dire «rien».

Mais prenons la question dans un autre sens : imaginez que vous n'ayez pas besoin d'argent, que vous avez 50 ans devant vous, vous êtes en pleine forme, totalement reposé, et que vous avez déjà fait tous les loisirs et voyages possibles ? Que faites vous de vos journées ? C'est long 24h à ne rien faire, tous les jours, pendant 50 ans.

Alors ?

Vous jardinez ? Vous rénovez une maison ? Vous enseignez à d'autres ? Vous peignez ? Vous dansez ? Vous courrez ?

Une reconnexion possible ?

Et si l'activité que vous ferriez gratuitement par plaisir pouvait en plus vous faire gagner de l'argent, et devenir un travail ? Est-ce que l'opposition entre vie professionnelle et vie personnelle aurait encore du sens ?

Un gros avantage de faire votre activité favorite professionnellement : on fait toujours mieux ce que l'on aime faire.

Dans le travail, il y a un élément qui le rend pénible : le lien de subordination. Vous avez probablement un chef qui vous dit quoi faire et comment le faire, sans aucune liberté.

C'est une différence majeure entre l'activité choisie par plaisir voir par passion et un travail. Pour autant, est-ce que l'on ne pourrait pas retrouver ces éléments de liberté dans le travail ?

Deux pistes :

  • la refondation du fonctionnement de l'entreprise pour que les salariés soient impliqués, c'est-à-dire qu'on les implique dans l'entreprise
  • l'évolution du salariat pour apporter une vraie liberté... Et donc aller vers un modèle à la Uber, où chacun devient freelance (free, comme libre....)

Conclusion ?

Il y a évidemment plein de questions qui sont liées :

  • le chômage : quand gagner l'argent nécessaire pour vivre, impose de prendre le premier travail venu. On parle souvent du partage du travail, mais on ne parle que très rarement du partage du chômage. Le manque de fluidité dans le travail en France à un effet très néfaste : les chômeurs sont longtemps au chômage...
  • les boulots que personne n'aimerait faire : même si c'est une vue totalement individuelle, il en existe forcément. Mais ils ne sont peut être pas si nombreux que ça : je suis persuadé que des éboueurs sont très satisfaits de rendre leur ville belle,
  • est-ce que tout le monde doit travailler ? : derrière on trouve la question du revenu de base universel.

À vous de faire votre conclusion...

Blog Logo

Olivier Martineau

Ermite, extraverti, entreprenant et curieux


Published

Image

Olivier Martineau

Les 9 vies, c'est un minimum.

Back to Overview